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Culture

Charly&Scotch : « On a envie de jouer de la musique électronique décomplexée »

Charlotte et Louison, le duo parisien sans filtre

  • Camille-Sarah Lorané
  • 9 March 2022

Charly&Scotch est un duo de DJs parisiens qui a récemment signé chez l’agence Interwave de Yoyaku. Dans cette interview, ils se livrent avec une Mandadream à la main, un cocktail acidulé qui leur correspond bien. Comme ils le disent “Attention à la tornade Charly & Scotch”. Le duo fêtera ses un an de leur projet au sommet des Alpes. Ils seront aux côtés de Demuja le 10 mars 2022 à La Folie Douce pour notre événement Electronic Subculture.


Comment est venue votre passion pour la musique ?

Louison : On a chacun notre histoire. Pour moi, c'est venu d'une manière assez naturelle. Je suis alsacien et j'ai grandi dans une petite ville. Il y avait un disquaire et à partir de mes 15 ans, je passais tous mes samedis après-midi. Ma passion pour la musique est née à travers les vinyles.

Charlotte : Je pense que c'est surtout grâce à mon père qui écoutait énormément d'acid jazz. Les premiers sons que j'ai entendus c'était de Saint Germain. Ensuite quand j'ai fait des études d'art à Marseille, j'ai commencé à sortir et j'ai découvert la musique électronique.

Comment décririez-vous vos goûts musicaux ?

Charly : On est vraiment des amoureux de la musique au sens large. En ce moment j'ai une phase où j'écoute pas de la musique électronique chez moi. On a un panel étendu. On commence à aimer une musique et après le spectre se rétrécit. C'est comme ça qu'on a réussi à trouver un style en commun.

Louison : A la base on ne vient pas du même style musical. J'ai toujours une passion pour le disque mais dans des styles plus acoustiques. Plutôt 80's, fin 70's, Afro disco, funk. Énormément de zouk encore aujourd'hui. On se complète à travers nos influences, nos goûts musicaux, nos découvertes

Qu’est-ce que Charly&Scotch ?

Charlotte : Charly&Scotch c'est un projet à part entière qu'on développe, je ne considère pas ça comme un plus. Il y a Charlotte et il y a Louison et on s'est trouvés au milieu de nos deux univers qui sont distincts à la base. On a une influence l'un sur l'autre. Je joue des disques que je n' aurais pas joués avant de faire ce projet.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Charlotte : On est deux grands passionnés de "food and beverages". De tout ce qui est culinaire et boisson au sens large. Laurent Garnier disait, lorsqu'il était à Manchester en tant que cuisinier, que la food et la musique c'est pareil, c'est faire plaisir aux gens. On est aussi passionnés de ça. On s’est rencontrés, en bossant tous les deux pour la pizzeria Louie Louie de Liquid Corp. D'ailleurs on est toujours rattachés à cette pizzeria située dans le 11e arrondissement, rue de Charonne à Paris, j'ai ouvert la pizzeria en tant que serveuse pour payer mon studio de musique et j'ai fini par être directrice artistique de Nodd, leur projet de club. J'ai toujours travaillé qu'avec eux, et on espère que d'autres projets suivront tous ensemble. C'était un coup de foudre amical assez vite. Je suis partie jouer aux États-Unis USA et j'ai ramené qu’un seul cadeau et c'était un vinyle pour Louison. Depuis, c'est infini partage musical et humain. Music is caring !

A quel moment vous vous êtes dit “ok là on va jouer ensemble” ?

Louison : C'est venu assez naturellement, on a la même passion pour la musique, même si on pas le même style. On a fait un B2B en 2019 pour le nouvel an à Montreuil. C'était une teuf organisée par mon frère et des potes. On ne se connaissait à peine. Je revenais d'un an où je n'avais pas touché les platines. Je n'avais pas eu le temps de digguer non plus.

Charlotte : Les platines étaient galère, c'était impossible de jouer (rires). Sinon, on s'est retrouvés à jouer ensemble très vite mais tout a commencé quand on s'est dit "on va faire un podcast ensemble". On avait ciblé un style qui nous a séduit nous, ainsi que nos proches. C'était pas qu'un projet qui partait d'une entente musicale mais plutôt amicale. Humainement c'était une évidence. Il faut préciser que même s'il tourne seul sous son propre nom, il finit aussi par me représenter aussi. Il peut faire une date et ça déclenche quelque chose pour moi ou pour notre duo.

Louison : Entre cette première fois derrière les platines ensemble et la création de notre duo , il y a eu deux ans d’amitié très forte. C'est pendant la période COVID que l'on a réfléchi à un projet. On était dans l'extase de pouvoir ressortir. C'est à la sortie du confinement, on avait envie de faire des projets sérieux : des vidéos, des podcasts.

Charlotte : On a fait un podcast full vinyle qui a duré deux heures. À cette époque, les clubs étaient fermés. Ce podcast m'a permis de jouer de la musique décomplexée : j’ai pas honte de lancer un vocal cheesy s'il me fait danser !

Pourquoi avoir choisi ce nom de scène ?

Charlotte : J'ai perdu un très bon ami qui me surnommait Charly. C’est un prénom mixte et non genré qui me plait.

Louison : Ca s’est fait pendant qu’on enregistrait le podcast avec nos meilleurs potes. Le but à la fin du recording, était de trouver un nom. De mon côté, le nom Scotch vient d’un délire avec mes amis quand on préparait le podcast.

Charlotte : C’est marrant, les gens ne savent pas qui est qui !


Où avez-vous effectué votre première performance ensemble en tant que duo ?

Louison : C'était pour la fête de la musique en 2021, entre deux autorisations de danser, on a profité pour en faire une teuf en journée, à la Péniche Cinéma. On a co-organisé l'evenement, c'était la bonne occasion pour inviter des copains parisiens talentueux.

Pensiez-vous dès le début faire de la musique de manière professionnelle ?

Charlotte : Je pense pas. En revanche on a jamais eu la prétention de se dire qu'on pouvait atteindre ce luxe de vivre de cette passio, mais on y travaille.

Louison : Le projet évolue et maintenant que l’on a signé chez Interwave de Yoyaku, ça nous pousse à être de plus en plus sérieux, mais on continue à jouer de la musique décomplexée.

Comment décririez-vous votre univers musical ?

Louison : House trance ! De la "trhouse". J'avais vu ce mot écrit sur un bac de vinyles à Bordeaux, ça nous correspond bien. On fait de l’Italo House, de la New Wave et des sons des 90s.

Quels artistes vous influencent ?

Louison : Charlotte !

Charlotte : Je pensais pas qu’il allait faire cette blague !

Louison : Notre relation amicale est la priorité. On est énormément influencés l’un par l’autre parce que humainement ça marche.

Charlotte : Tous les matins j'écoute son podcast (rires).

Louison : Sinon on est influencé par les copains !

Charlotte : On a jamais eu d’idole. On respecte des artistes mais ce ne sont pas des “influences”. Mais il faut aussi répondre à cette question de manière décomplexée, et avouer que tu aimes bien un artiste très connu, même si ce n’est pas original. On aime beaucoup Jane Fitz tous les deux. Dans son dernier live stream elle a joué 8h d’ambient et puis elle s’est mise à faire de la “trhouse”. (rires)

Louison : Il y a aussi Satoshi Tomiie qui est dans notre agence de booking. C’est fou d'être avec lui, il a fait partie des premiers DJ's des mouvements de la fin des 80’s !

Quels sont vos rituels, votre manière de vous préparer avant de jouer ?

Charlotte : Sur le vinyle tu es obligé d'aller vite, le disque tourne. On parle beaucoup et même à travers le regard on communique. On est réellement à deux ! S’il joue un disque que j'ai jamais entendu, je dois me caler dessus. Parfois on se lance des petits pics : “Celui-ci t’es pas prêt !” (rires). C’est pour ça que notre musique est décomplexée, ça se ressent à travers ça. C’est hyper spontané. On se donne le courage de jouer devant une foule, nos guilty pleasure. Et ça fait du bien dans ce milieu...

Le 10 mars vous serez à 1800 mètres d’altitude à la Folie Douce, quelle ambiance vous avez envie de partager au public lors de cette soirée ?

Charlotte : Louison arrive avec son paquet de disques. On va construire ensemble et meubler le set. On va vraiment se décrire oralement ce qu’on va faire, écouter et se présenter de nouveaux tracks. On a pas joué ensemble depuis longtemps !

Mixer au creux des Alpes c’est assez fou, où aimeriez-vous vous produire à l'avenir ?

Louison : Un Closer dans la ville de Kiev en paix. Ce serait beau.

Quels sont vos projets futurs ?

Charlotte : On aimerait faire un disque ensemble ! On a un podcast qui arrive, puis notre première date UK à Manchester. C'est la première fois que l’on quitte le pays pour jouer tous les deux.



Propos recueillis par Camille-Sarah Lorané le 01/03/22


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